Faut-il partir dans des diètes compliquées à l’approche de la ménopause?

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Une question qui me revient souvent suite à de nombreuses fausses pistes qui circulent sur les réseaux sociaux, comme par exemple des régimes proposés par des naturopathes tenant compte des statuts hormonaux « la clé métabolique » ou régimes accompagnant la prise de compléments alimentaires. (Lesquels sont souvent inutiles, rappelons-le.)

Comme toujours, il est parfaitement inutile de se lancer dans des prises en charges coûteuses sans aucune garantie de résultats alors que les principes basiques peuvent apporter beaucoup de confort quand ils sont appliqués. Voici donc un rappel qui me semble utile :

La ménopause est une période de transition importante dans la vie d’une femme. Pour maintenir votre santé et votre bien-être, voici quelques recommandations basées sur des preuves scientifiques :

  1. Calcium et à la Vitamine D : Assurez-vous d’inclure des produits laitiers ou des boissons végétales enrichies, des légumes verts à feuilles et éventuellement des poissons gras dans votre alimentation. Ces aliments sont riches en calcium et en vitamine D, essentiels pour la santé de vos os. Il existe sur https://jemangevegetal.fr des posters reprenant toutes principales les sources de calcium (et autres nutriments) pour les vegans et végétariens.
  2. Fruits et Légumes  : Les antioxydants, les fibres et les vitamines présents dans les fruits et légumes sont bénéfiques pour votre santé globale. Ajoutez-les à chaque repas, oui les diets disent toujours la même chose mais c’est parce que c’est le conseil le mieux étayé par la littérature scientifique et c’est celui qui est le moins bien suivi!
  3. Viandes Blanches et Poissons si vous en consommez : Optez pour des viandes blanches (poulet, dinde) et des poissons. Ils sont riches en protéines maigres et en acides gras oméga-3
  4. Huile d’Olive et de Colza : Utilisez ces huiles pour cuisiner et assaisonner vos plats. Elles sont excellentes pour votre cœur. D’autres huiles plus chères et moins stables sont aussi excellentes comme l’huile de Lin, Noix ou Cameline. Mangez des oléagineux tous les jours en les variant.
  5. Modération voire arrêt total de la Charcuterie et des Viandes Rouges : Réduisez la consommation de charcuterie et de viandes rouges, remplacez les par des protéines végétales.
  6. Restez Hydratée : Buvez suffisamment d’eau tout au long de la journée, c’est bête à écrire mais on voit des patients toutes les semaines qui mangent ou boivent des cafés pour s’hydrater.
  7. Réduisez voir arrêtez l’alcool : pire ennemi de la santé, meilleur ami de la sédentarité, un des rares cancérigène dont on est absolument certain de ses effets néfastes. Oui, le petit vin bio local du vigneron sympa ami de la famille, c’est aussi de l’alcool et c’est plus cancérigène que votre vieille poêle tefal.
  8. Fibres Alimentaires : Les céréales complètes, les légumineuses et les fruits sont riches en fibres. Elles favorisent la digestion et aident à maintenir votre poids d’équilibre.
  9. Bougez ! : L’exercice physique régulier est essentiel. Essayez de faire au moins 30 minutes d’activité modérée tous les jours de la semaine. Cherchez l’effort, soyez rouges et transpirantes, c’est ça qu’on veut!
  10. Débarrassez vous des injonctions patriarcales sur comment devraient être le corps des femmes, vous avez bien donné pendant des décennies, ça suffit!
  11. Consultez un Professionnel de la Santé : Chaque femme est unique. N’hésitez pas à consulter un diététicien ou un professionnel de la santé pour des conseils personnalisés.

Prenez soin de vous et de votre corps pendant cette période de transition. Vous méritez une santé optimale !

N’oubliez pas que ces conseils sont généraux et qu’il est important de tenir compte de votre état de santé individuel. Consultez toujours un professionnel de la santé avant d’apporter des changements significatifs à votre alimentation.

Plaisir pour tous! Plaisir pour tous! Plaisir pour tous! Plaisir pour tous!

« On s’est lâchés à Noël, j’avais envie de me faire plaisir, je regrette énormément. »

Voilà une phrase que j’ai beaucoup entendue lors de ce dernier mois de janvier et que j’entends encore.

Elle est à la fois très courante mais aussi très étonnante, toujours un signe que le travail entrepris n’est pas achevé. L’objectif de mes suivis diététiques est de permettre à nos patients de profiter de l’incroyable source de plaisir que représente l’alimentation. C’est la condition sine qua non pour retrouver un rapport sain avec l’acte alimentaire et par ce biais, retrouver son poids d’équilibre ou une bonne santé quand ils ont été perdus.

Il n’y a pas d’aliment qui ne puisse pas être une source de plaisir intense.

Il y a les aliments palatables, bien sûr, chocolat, chips, bonbons, ils sont bien formulés, en général par des industriels qui s’y connaissent et ils ont une place dans l’alimentation pour ce qu’ils sont, des aliments réconfortants, constants, sur lesquels on peut toujours compter. Mais on ne peut pas se baser uniquement sur cette source de plaisir pour faire chanter son quotidien alimentaire, et tout notre travail consiste à retrouver le plaisir avec TOUS les aliments. Et il y a mille situations et configurations possibles, en voici quelques unes piochées dans les questionnaires de mes patients :

J’ai couru 10 kilomètres, j’ai très soif, l’eau va m’apporter un bien être de fou.

J’ai travaillé longuement, j’ai été portée par des projets qui m’intéressent mais j’ai très faim, j’ai une poêlée de légumes et riz qui date d’hier soir, pas très glamour mais je suis certaine que je vais me régaler.

Je suis dans le tunnel du soir avec mes enfants, j’enchaîne tâches ménagères et devoirs, règlements de comptes entre frères et soeurs, sollicitations diverses, je prends une clémentine, c’est frais, c’est acidulé, c’est sucré, c’est bon, je me régale.

Je prépare le repas, je commence à avoir un peu faim, je prends un morceau de comté avec un bout de pain, c’est divin.

C’est dimanche, je me suis levée tard, j’ai déjeuné quantité de pains et de viennoiseries, il est 13H, je n’ai pas vraiment faim mais je suis invitée, je prends de la salade verte, la vinaigrette est sublime, je me régale, je me ressers!

J’ai pas le temps de cuisiner, j’ai quelques radis au frigo, je me fais des oeufs à la coque, je beurre quelques tartines, je termine mon repas avec un café et un kinder Bueno, je me suis régalée.

Je vais chez une amie chez qui j’ai déjà mangé des carottes râpées qui avaient fait explosé mes papilles gustatives, elle me promet de me les préparer aujourd’hui, j’en salive à l’avance, j’adore cette fille et j’adore sa sauce à l’ail, quel bonheur!

Si tous les aliments sont susceptibles d’apporter d’immenses plaisirs, pourquoi cela ne se passe pas toujours ainsi? que se passe-t-il quand nous perdons le plaisir? Comment faire pour le retrouver?

Il y a des circonstances dans les prises alimentaires qui vont favoriser le plaisir, circonstances sociales, circonstances individuelles, pensées, comportements, mais aussi des facteurs physiques qu’on ne peut négliger et qu’il convient de reconnaître et de travailler, comme la faim par exemple, merveilleux moteur de plaisir,

Il y a aussi cette foutue morale avec laquelle on vit parfois depuis l’enfance ou qu’on s’est imposée suite à de multiples régimes, ou bien encore qui est aujourd’hui largement véhiculée par les réseaux sociaux, elle nous colle aux basques et c’est toujours un des objectifs majeurs des consultations de la reconnaitre, de la critiquer, puis de s’en débarrasser!

C’est un gros travail de retrouver le plaisir, on utilise beaucoup des expériences de thérapie cognitive et comportementale, mais aussi diverses stratégies fondées sur une écoute attentive, un soutien et quelques conseils adaptés à chaque situation, c’est un travail parfois long mais qui change littéralement la vie et qui est accessible à tous.

Ne vous contentez jamais d’une vie alimentaire morne, on ne vit qu’une fois, on ne mange qu’une fois le même plat,

si vous pensez que tout cela ne vous est pas accessible facilement, alors il est peut-être temps de consulter, vous le méritez bien !

Prendre réellement soin des parents, c’est les aider à être imparfaits

Gratuit Famille De Quatre Marchant Dans La Rue Photos

L’offre de coaching pour les jeunes parents est de plus en plus répandue, c’est un marché qui ne cesse de s’étoffer, offrant de multiples accompagnements dans cette période de transition. Il existe des coaching pour à peu près tout, pour apprendre à diversifier son enfant, pour apprendre à son bébé à dormir, cours de communication, cours de relaxation en famille, etc etc etc.. c’est un marché florissant qui permet à beaucoup de personnes de se réorienter professionnellement à peu de frais. Cependant, il est essentiel d’examiner à la fois les avantages et les effets délétères que cela peut engendrer.

  1. Renforcement de la Confiance:
    • Le coaching parental peut aider les jeunes parents à développer leur confiance en eux. Ils apprennent des stratégies pour gérer les défis de la parentalité et à se sentir plus compétents dans leur rôle.
    • La connaissance des techniques d’éducation et la compréhension des besoins de l’enfant peuvent renforcer leur assurance.
  2. Pression et Idéalisation:
    • Cependant, le coaching peut aussi créer une pression supplémentaire. Les jeunes parents peuvent se sentir obligés d’atteindre un idéal de parentalité.
    • L’objectif de devenir des parents parfaits peut générer du stress et de l’anxiété. Ils se comparent souvent à d’autres parents ou aux normes sociales.
    • les coachs peuvent diffuser des normes sociétales inadaptées ou contribuer à maintenir de vieilles règles patriarcales comme certains coachs en sommeil qui vont contribuer à générer des attentes irréalistes chez les enfants en dessous de 3 ans ou bien qui vont suggérer qu’il faudrait que le bébé fasse ses nuits pour que la maman puisse reprendre le travail moins fatiguée (pour qu’elle continue ensuite à assumer une majorité des tâches ménagères et toute la charge mentale sans trop se plaindre…).
    • Souvent mais pas toujours, les coaches font référence à des données scientifiques incomplètes, anciennes voire complètement fantaisistes. On voit aussi beaucoup de coachs imiter des professions de santé, s’y substituer et suggérer des diagnostics. Récemment, j’ai reçu une famille dont l’allaitement avait été saccagé par une coach en sommeil (pourtant de profession d’origine infirmière) et qui, malgré le sevrage du bébé la nuit, devant les réveils persistants du bébé, a évoqué divers diagnostics : un reflux, une allergie aux PLV. J’observe également quantité de professionnels qui donnent des conseils nutritionnels après avoir fait des formations de quelques heures à quelques jours, souvent auprès de personnes qui ne sont elles-même pas réellement des professionnels de la nutrition.
  3. Impact sur l’Estime de Soi:
    • La quête de perfection peut entraîner une baisse de l’estime de soi. Les parents se jugent sévèrement lorsqu’ils ne répondent pas à ces attentes élevées.
    • Ils peuvent douter de leurs compétences et se sentir inadéquats, ce qui affecte leur confiance en eux.
  4. Équilibre et Bienveillance:
    • Il est crucial que les parents fassent leurs propres expériences en toute liberté, tâtonnent d’erreurs en réussites. L’accompagnement par des pairs, est par exemple dans l’allaitement maternel, le plus efficace, le moins cher (il est gratuit!) et beaucoup plus sûr que ce qu’on imagine parfois. (Notamment sur les réseaux sociaux où les groupes de mères diront moins de bêtises que certaines professionnelles!)
    • Les jeunes parents doivent se rappeler qu’il n’existe pas de parents parfaits et qu’ils font de leur mieux avec amour et dévouement. Le modèle de parents vendu part les coachs n’existe que sur les réseaux sociaux!
    • Il est important de promouvoir les ratés, les manquements et l’imperfection chez les parents, ce sont des évènements utiles pour la construction de leur propre parentalité, leur permettre de trouver leur propre chemin. C’est aussi un exemple à donner à leurs enfants.

En somme, le coaching parental pourrait parfois être un outil intéressant , mais il doit être utilisé avec discernement. L’objectif devrait être d’aider les parents à évoluer sans les accabler de pression inutiles, et notamment sans leur imposer une nouvelle pression financière. Il ne remplace jamais l’expertise des professionnels de santé .

Les réseaux sociaux et la nutrition, un bien mauvais ménage.

Je suis préoccupée par les tendances nutritionnelles sur les réseaux sociaux tels qu’Instagram. Les jeunes de 18 à 24 ans sont particulièrement influencés par les publications « healthy » sur Instagram, qui comptent plus de 174 millions de posts en juin 2021 1. Les publications « healthy » sont principalement émises et ciblées sur les femmes, et elles ont un caractère protéiforme. Les influenceuses qui promeuvent ces tendances ne sont presque jamais des professionnels de la santé et donnent des conseils nutritionnels erronés. Il est important de se rappeler que chaque individu a des besoins nutritionnels différents et que les conseils nutritionnels doivent être personnalisés en fonction de chaque personne.

Il est également important de noter que les publications « healthy » peuvent avoir un impact négatif sur la santé mentale des jeunes (et des moins jeunes!). Les publications qui promeuvent des corps minces et musclés peuvent encourager les troubles alimentaires et l’obsession de la nourriture 1. Les jeunes peuvent également se sentir mal à l’aise avec leur propre corps en comparant leur apparence à celle des influenceuses. Il est important de promouvoir une image corporelle positive et de rappeler que chaque corps est différent. Certaines influenceuses ont compris leur impact et leur rôle à jouer pour lutter contre cette forme de patriarcat, j’apprécie tout particulièrement le compte instagram de Danae Mercer.

En tant que diététicienne evidence based, je recommande de consulter un professionnel de la santé pour obtenir des conseils nutritionnels personnalisés. Les professionnels de la santé peuvent aider à établir des objectifs nutritionnels réalistes et à fournir des conseils nutritionnels fondés sur des preuves scientifiques. Il est également important de se rappeler que la nutrition ne doit pas être considérée comme une restriction, mais plutôt comme une façon de nourrir son corps et de promouvoir une vie plus saine sans pour autant en faire une obsession . Que les recommandations nutritionnelles sont simples, que ce n’est pas aux patients de contrôler toute la chaine alimentaire mais bien aux institutions nationales et internationales.

rappelons également que :

⚠️ « Art. L. 4371-2. – Seules peuvent exercer la profession de diététicien et porter le titre de diététicien, accompagné ou non d’un qualificatif, les personnes titulaires du diplôme d’Etat mentionné à l’article L. 4371-3 ou titulaires de l’autorisation prévue à l’article L. 4371-4. »

⚠️ L’article L. 4372-1 du code de la santé publique prévoit pour les personnes physiques que : L’exercice illégal de la profession de diététicien est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 Euros d’amende.

1: The Conversation