Les adultes qui sont en contact avec les enfants devraient réfléchir à leur rapport à leur alimentation (et parfois se faire suivre par une diététicienne ! )

Les enfants subissent quotidiennement les marottes de leurs parents et aussi celles véhiculées par la société, pour le meilleur souvent et pour le pire parfois. Les messages nutritionnels en font partie.

Quand j’étais petite, on insistait beaucoup pour que je mange « au moins la viande ». À la cantine, il fallait tout finir, manger proprement et se tenir droit. Il y avait un menu unique pour tout le monde, aucune prise en compte des goûts, aucun choix possible. C’était les standards de l’époque dans mon milieu.

J’observe tous les jours au cabinet que cela n’a pas donné des adultes capables de manger de tout mais plutôt des adultes encore traumatisés, qui ont catalogué certains aliments comme immangeables et avec qui, nous travaillons doucement à reconstruire une diversité perdue. Bien entendu, tous les adultes ne sont pas traumatisés par leurs expériences gustatives scolaires, mais ceux qui présentaient des fragilités à l’époque, ont été aggravés par cette morale écrasante.

Aujourd’hui, on est plus souple sur la manière, on laisse les enfants davantage décider de ce qu’il vont faire de la nourriture servie, mais les règles diététiques se sont considérablement durcies.

D’abord avec les messages de santé publique des premiers PNNS, par exemple les fameux « 5 fruits et légumes par jour », lesquels messages se sont un peu assouplis au fil du temps car ils étaient contre-productifs. Aujourd’hui, si les sociétés savantes sont plus mesurées, les profanes peuvent se montrer très excessifs.

Ainsi on observe sur les réseaux tout un tas de règles dont les parents se vantent « chez moi, il n’y a pas de Nutella, je le fabrique moi même » « mes enfants ne mangent jamais de produits ultra transformés » « on a banni le sucre et mes enfants sont beaucoup plus calmes » ces tentatives de correspondre à ce que l’ont pense être attendu sont le signe que les parents essayent toujours de faire au mieux et ce n’est pas un gros problème si ces règles peuvent être adoucies ici ou là.

En revanche, quand ce sont des règles rigides comme celles qu’on peut rencontrer à l’école ou en crèche alors cela va poser problème chez les enfants les plus sensibles.

voici quelques extraits d’une discussion sur Thread:

« Dans la classe de ma nièce, ils ont pas le droit de manger des gâteaux pour les anniversaires des enfants, ils mangent des pommes… »

« ‘Nous c’est gâteau SANS bonbons. Et distribution de bonbons interdite aussi dans l’enceinte de l’école. Et s’il y a des bonbons sur ou dans le gâteau c’est retour à la maison et il y a un gâteau en moins pour les enfants. »

« les maîtresses veulent que les goûters restent un minimum sain. Les sodas sont interdits aussi, les jus de fruits sont les bienvenus. »

Malheureusement, ces règles n’ont aucun sens sur le plan nutritionnel et oublient que l’alimentation est avant tout une question de plaisir et de sociabilité, ces règles ne prennent pas en compte leur impact sur le long terme. Un enfant qui a déjà des parents au régime, qui vit dans une société grossophobe et patriarcale (c’est à dire tous les enfants…!), à qui l’ont dit que les pommes et les jus de fruits sont dans le camp du bien et que les gâteaux et les bonbons sont dans le camp du mal, va petit à petit developper un rapport conflictuel avec la nourriture. Il n’en tirera aucun bénéfice ni sur le plan comportemental ni pour sa santé.

Il est important que les diététicien.nes qui interviennent dans les milieux éducatifs assouplissent voire abolissent ces règles et amènent les adultes à se remettre en question, il est également possible pour les parents qui sont témoins de ce genre de situation de faire remonter collectivement une autre vision, plus respectueuse des évidences scientifiques et surtout plus respectueuse des enfants.

Les recommandations nutritionnelles sont TRES SIMPLES!

Les recommandations nutritionnelles les plus solides au niveau mondial sont celles qui sont basées sur des preuves scientifiques solides et qui ont été élaborées par des organisations de santé crédibles.

 Selon le Rapport mondial sur la nutrition 2021, les régimes alimentaires sains doivent être riches en fruits, légumes, légumineuses, noix et grains entiers 1.

 L’Organisation mondiale de la santé recommande également de consommer au moins 400 grammes de fruits et légumes par jour 2.

 Les régimes alimentaires riches en fruits, légumes et grains entiers ont été associés à une réduction du risque de maladies chroniques telles que les maladies cardiaques, le diabète et certains types de cancer 1.

On observe une tendance générale vers la végétalisation de l’alimentation pour des raisons éthiques/morales mais aussi pour des raisons de santé qui sont bien documentées. Je vous recommande chaudement la lecture du rapport du EAT LANCET sur la question.

Notons qu’il est important de souligner que les recommandations nutritionnelles peuvent varier en fonction de l’âge, du sexe, de l’état de santé et d’autres facteurs individuels. Il reste donc important de consulter un professionnel de la santé qualifié pour obtenir des conseils nutritionnels personnalisés.

Les paniques morales en nutrition

Capture d’écran effectuée la 19 janvier 2024 sur linkedin, un post parmi les milliers que voit fleurir le réseau chaque jour.

Les paniques morales en nutrition sont des phénomènes qui se produisent lorsque des informations erronées ou exagérées sur les aliments sont diffusées dans les médias ou sur les réseaux sociaux, créant ainsi une peur irrationnelle chez les consommateurs. En tant que diététicienne evidence based, je suis souvent confrontée à des patients qui ont été influencés par ces paniques morales. Les exemples les plus fréquents incluent la peur des OGM, la peur du sucre, la peur des aliments transformés, la peur des additifs alimentaires. Tous ces produits ont une place dans une alimentation variée, c’est la dose qui fait le poison.

Ces paniques morales sont souvent basées sur des preuves anecdotiques ou des études mal conçues, et peuvent conduire à des comportements alimentaires restrictifs et malsains.

Mon rôle est d’aider mes patients à comprendre les faits scientifiques derrière les aliments et de les aider à prendre des décisions alimentaires éclairées.

Il est important de se rappeler que la nutrition est un domaine complexe et en constante évolution, et qu’il est facile de se laisser emporter par les dernières tendances en matière de régime alimentaire. En tant que professionnelle de santé, je m’efforce de fournir à mes patients des informations précises et fondées sur des preuves scientifiques solides, afin de les aider à atteindre leurs objectifs de santé à long terme.

En fin de compte, il est important de noter que les paniques morales ne font qu’ajouter à la confusion alors est-ce qu’en 2024, pourrait-on cesser de relayer tous ces posts anxiogènes et sans interêt? Qu’en pensez-vous?

pour me contacter

Les 5 aliments à éviter en 2024 (et pourquoi la banane n’en fait pas partie)

Photo de Juan Salamanca sur Pexels.com

Bonjour! Je vous souhaite une excellente année 2024, pleine de santé et de bonheur. En tant que diététicienne nutritionniste et consultante en lactation, je vous encourage comme chaque année à prendre soin de votre santé en mangeant varié et en pratiquant une activité physique régulière et c’est tout.

Pour cette nouvelle année, pas de scoop ou d’aliments interdits, je vous recommande de manger des fruits et légumes frais, des céréales complètes, des fruits (et même des bananes!), des légumineuses, des aliments que vous appréciez peu importe leur composition.

N’oubliez pas de boire suffisamment d’eau pour rester hydraté tout au long de la journée 🙂

Si vous allaitez, je vous encourage à continuer à allaiter votre bébé pour lui fournir les nutriments dont il a besoin.

Si vous avez des questions ou des préoccupations concernant votre alimentation ou votre allaitement, n’hésitez pas à me contacter. Je suis là pour vous aider à atteindre vos objectifs de santé. Bonne année! 🎉