
Cela faisait longtemps que je n’avais pas été agacée par une de ces communications sur des formations gratuites pour professionnels de santé. J’ai trouvée celle-ci particulièrement sournoise, voici pourquoi :
Le titre « clickbait » (autrefois traduit par « Putaclic ») sur les protéines du lait. Chacun, dans sa pratique quotidienne, est confronté aux problématiques des protéines de lait de vache. Ainsi rien que le titre « protéines de lait » va interpeller.
Il s’agit en réalité des protéines du lait maternel et notamment une protéine la lactopontine ou ostéopontine. Elle est présente en grande quantité après l’accouchement et joue une rôle dans l’immunité du nourrisson. Le lait maternel en est très riche dans les premières semaines puis cela baisse.
Les recommandations d’allaitement courent de la naissance jusqu’à 2 ans et plus, avec 6 mois d’allaitement strictement exclusif, lactopontine ou non, cela ne change rien de rien.
On peut évidemment se passionner pour les composants du lait maternel mais cela n’a aucun intérêt dans notre pratique!
Il est dit dans la description de la formation en question que cette offre est rendue gratuite grâce à la subvention indépendante de BINC.
CHAQUE . MOT . EST . PESÉ.
Et c’est cette infinie précaution pour essayer de séduire le public qui me met la puce à l’oreille. Armée de mon nouvel ami, le Copilot, ou chat GPT, j’ai demandé ce qu’était le BINC : Le BINC, dans le contexte de la nutrition infantile, fait référence au Biostime Institute for Nutrition and Care. C’est une fondation internationale basée à Genève, dédiée à la recherche scientifique sur la santé de la mère et de l’enfant, avec un accent particulier sur la nutrition pédiatrique et les bioactifs du lait maternel. elle est financée par BIOSTIME.
Mais oui! comment ai-je pu les oublier? ils n’ont cessé de vouloir nous financer avec leur argent sale quand j’étais présidente d’IPA ou au conseil d’administration. (information pour l’allaitementhttps://info-allaitement.org).
J’ai donc lâché Copilot qui me décrivait avec enthousiasme tout le travail formidable de cette fondation et j’ai fait fonctionner les derniers neurones qui me restent malgré mon utilisation pluriquotidienne de l’intelligence artificielle. Cette stratégie des labos n’est pas nouvelle, ils financent des études parfois jusque dans nos centres de recherche publics, études sur le lait maternel (on en a vu souvent être publiées par l’INRA par exemple), puis il identifient un composant et en font la promo, sous la forme » regardez les merveilleux bienfaits du lait maternel » « comme la nature est belle, comme c’est ingénieux » « comme le corps humain est miraculeux » BLA BLA BLA BLA….
Puis une fois que tout le monde connait la molécule en question et comme c’est une pauvre protéine facile à produire, ils la rajoutent dans les boite de lait. Le lait est ULTRA TRANSFORMÉ, n’a pas le moindre lien avec le produit original mais la communication a été bonne et les professionnels de santé vont en parler aux familles qui sont le dernier chaînon de la chaine puisque ce sont eux qui vont enrichir in fine le labo.
Voilà, rien de nouveau sous le soleil : quand c’est gratuit, tu n’es pas toujours le produit mais tu vas certainement participer à quelque chose de très sombre!